jeudi 24 mars 2011

Synerna.se...

Voilà, je change parfois de peau. Mon nouveau projet prend forme : http://synerna.se

Je m'en vais donc proposer mes services en temps que photographe, avec une approche un peu particulière : tout le monde a du talent, et je suis là pour le faire émerger !

Je vais dans les entreprises, je m'y adapte, je les comprends, puis je fais des photos qui lui ressemblent, en me basant sur le talent des employés. Et lors de soirées, cela peut être très drôle !

Je réalise des portraits de particuliers, et dans une ambiance détendue, je recherche votre vraie personnalité.

Et puis, bien sûr, je vends des paysages de Suède, ce pays qui est le mien désormais.

Intéressés ? contact@synerna.se

dimanche 2 janvier 2011

Une révérence à mon reflet

Il y a un jour où votre reflet n'est plus vous.

Ce blog, je l'ai démarré il y a un peu plus de trois ans. Après tant de petits messages, il est le reflet de ma vision de la Suède, à un moment précis de ma vie. C'est une vision objectivement biaisée, strictement personnelle, cent pour cent partiale.

Seulement, mon reflet ne me ressemble plus. La Suède, la quarantaine, des évènements personnels, quelques amis très chers et peut être tout simplement le temps qui passe m'ont profondément marqué; comme un retournement intérieur.

Aujourd'hui, la Suède est mon pays; et un sentiment étrange me pique lorsque je suis en France. Comme si l'ambiance générale ne me convenait plus. Je suis passé de l'autre coté du reflet. Ce blog, point de vue d'un français en Suède, n'a plus de sens sous cette forme.

Je lui mets donc un point final, pour m'orienter sur d'autres projets, différents. Quelques idées fourmillent autour de la photographie (un livre, un site web, ...), je suis encore en recherche.

Ce fut agréable à écrire, j'espère que vous avez aimé.

Laurent Ploix

samedi 1 janvier 2011

Je peux t'apprendre, moi, papa

Il y a des jours où mes enfants me rappellent à quel point les années passent. Ou, plus exactement, à quel point ils sont capables d'assimiler des connaissances plus rapidement que moi. Ou les deux à la fois.

La dernière anecdote est mignonne.

Ayant appris que je retournais à l'école pour apprendre à parler suédois, mon fils m'a regardé droit dans les yeux, du haut de ses 5 ans, et m'a déclaré très sérieusement qu'il ne voyait pas très bien pourquoi. En effet, me disait-il, tout le monde parle suédois (sous entendu, tu n'as qu'à t'y mettre comme tout le monde), et en plus, "je peux t'apprendre, moi".

Ce qu'il y a de cruel avec les enfants, c'est qu'il y a toujours un fond de vérité dans leurs innocentes remarques...

jeudi 30 décembre 2010

La honte d'être privilégié

Ces suédois sont définitivement difficiles à cerner.

Secrets, discrets, jaloux de leur tranquillité; beaucoup aiment se faire plaisir avec des joujoux un peu chers (belles voitures par exemple) mais j'ai souvent l'impression que ce plaisir est pour eux même; uniquement. Le coté ostentatoire est rare.

Le dernier exemple en date est celui d'un voisin qui, honteux d'habiter si près de la forêt, restait flou sur son lieu d'habitation. En effet, c'est un grand privilège que de loger près du bois, et bien entendu, être privilégié est honteux.

Ma surprise est peut être tout simplement due a ce que les suédois ne se ressemblent pas tous; mais ce n'est pas la première fois que j'observe une grande réserve à exposer ses avantages. C'est une attitude modeste agréable; j'aime. Une petite leçon de modestie et de simplicité.

jeudi 9 décembre 2010

Comportement neigeux

L'écoute de France Info depuis la Suède nous a apporté notre lot de perplexité quant à la gestion de la neige en France. La Bretagne et la région parisienne ont semble-t-il eu fort à faire en face de quelques centimètres de flocons.

Mais ce qui est à l'origine de ce petit message, ce sont les remarques entendues sur les radios: "Et en Scandinavie, ça marche. C'est inadmissible (que je sois coincée). Je ne comprends pas !

Au risque de décevoir les porteurs d'idées reçues, les habitudes suédoises en face de la neige n'ont pas grand chose à voir avec la France, et voici pourquoi.

En tout premier lieu, les pneus neige sont obligatoires sur les voitures en hivers. Lorsque l'on achète une voiture, on acquière aussi les pneus neige, tout simplement. Du coup, les livraisons de pneus neige sont assez lissées sur l'année, et les revendeurs n'ont pas besoin de stocks juste "au cas où".  A contrario, les livraisons de pneus en France sont beaucoup plus erratiques. Il n'est pas étonnant que les magasins se trouvent à sec.

De plus, les suédois savent conduire sur la neige (en général). Disons que 20cm ne leurs font pas peur; et que cela ne bloque pas Stockholm. L'année dernière, il a neigé de manière considérable pendant des semaines. Les chasse-neige ne pouvaient pas suivre, il y avait trop à faire. Cela n'a pas empêché les suédois de conduire. Mais encore faut il savoir faire, et ce n'est pas toujours simple.

Enfin, il est vrai que les chasse-neige sont nombreux et bien organisés. Il serait injuste de le cacher.

Et puis, il y a un coté "cool" sur la route qui débloque bien des situations. Par exemple, on ne s'engage pas sur un carrefour si l'on ne peut pas sortir de l'autre coté... cela évite de bloquer tout le monde.

Dernier détail: beaucoup de suédois ont une petite pelle à neige dans leur voiture, au cas où. Et je les ai souvent vu la sortir pour aider un autre automobiliste coincé.

Donc, en résumé, les pays scandinaves sont en effet plus efficaces devant la neige, mais ce n'est pas (seulement) à cause de leurs gouvernements. Ce serait plutôt dû à leur comportement et à l'habitude.

Alors, les blocages, toujours la faute au gouvernement ?

jeudi 2 décembre 2010

Super pouvoirs

Les vagues de Wikileaks semblent ne jamais devoir s'arrêter. Les conversations vont bon train à Stockholm, d'autant plus que la Suède est désormais impliquée dans un mandat d'arrêt à l'encontre du leader.

Faisons ensemble un petit pas en arrière; que voyons nous ?

La première pensée qui me vient est que nous sommes entrés dans une ère où chacun, si petit soit-il, peut devenir un super-pouvoir. Il suffit d'être connecté à l'Internet, d'avoir une idée géniale, et d'être un peu charismatique. Et cela arrive à certains.

Julien Assange a commencé par s'attaquer à des cibles de taille "modestes": les entreprises qui voyaient leurs mémos internes (et confidentiels) rendus publics n'ont pas apprécié. Le public, lui, semblait soutenir l'exposition des turpitudes des puissants.

Puis, d'étapes en étapes, il s'est payé le luxe d'exposer les cotés obscures de cibles plus grosses; puis de vouloir négocier d'égal à égal avec la première super puissance du monde: il demandait de l'aide aux USA pour effacer les noms des fichiers d'Irak, si ma mémoire est bonne. Enfin arrivent les fichiers sur l'Afganistan, et les mémos des ambassades.

Un vrai feu d'artifice.

Aussi humiliant que cela puisse paraître pour les "puissances", nous sommes bel et bien entrés dans un monde où, tôt ou tard, n'importe quelle information peut filtrer et se répandre sans que personne ne puisse l'arrêter. Je ne serait pas autrement surpris que d'autres pays voient leurs informations confidentielles diffusées de même. A qui le tour ?

La seconde remarque concerne le débat. Il est étonnant de voir à quel point Wikileaks étale au grand jour des "fait", quand les hommes politiques n'en parlent presque pas. Ces derniers parlent de l'irresponsabilité de Wikileaks, mais jamais des révélations elles-même. Wikileaks montre le fond. Les politiques parlent de la forme.

Cette posture permet évidemment de se poser en redresseur de tords, mais elle pose un problème de fond, qui est celui de la confiance en nos systèmes démocratiques. Si les hommes politiques ne prennent pas la peine d'aborder le fond des problèmes, c'est grave.

Finalement, la bonne question n'est elle pas : qu'est-ce qui est le plus grave entre (1) une fuite de mémos secrets et (2) les faits dénoncés. Chacun se fera son opinion. Mais si les seules impacts de ces divulgations publiques sont des mesures de sécurité renforcées; la démocratie aura fait un grand pas en arrière.

Et puis, pour finir sur une note amusante, je ne résiste pas à la tentation de citer quelques sources parlant de l'Interne, du pouvoir, et de la surveilance. A bon entendeur...

Et si l'on regardait ce petit dessin animé en imaginant que ceux qui sont surveillés, ce sont les gouvernements et non les citoyens ? Drôle ?

"McLaughlin (deputy chief technology officer for Internet policy at the White House): Transparency, openness of Internet important to promotion of democracy"

Sweden.se : "Sweden is a free and open society. This includes a free press, the right to take part in demonstrations, freedom of speech, the opportunity to move freely in nature and the right to scrutinize those in power. Openness is also about creating an equal society."

"Why Government Transparency is Vital to Democracy" avec en particulier cette citation : President Obama also has recognized the importance of transparency. He issued a memorandum to the heads of executive departments and agencies declaring: "Openness will strengthen our democracy and promote efficiency and effectiveness in Government."

mercredi 1 décembre 2010

Les quatre muses de Stockholm

C'est de l'amour de Stockholm dont il est question; et de celui de la langue de Molière.

Stockholm : une ville superbe et parsemée de ces lieux qui vous enchantent. Une ville dont les guides touristiques ne parviennent pas tout à fait à saisir le charme et la vie. Chacun y va de ses trouvailles, chacun retrouve avec un certain bonheur des petits coins de paradis inconnus.

Et voilà quatre filles, quatre muses suédoises qui aiment tant le français qu'elles n'hésitent pas à blogger dans notre langue, pour nous faire partager les lieux qui les enchantent. Chapeau bas ! Il faut avoir du culot.

Les articles semblent avoir été pensé artistiquement; et l'on observe un style photographique distinct pour chacun d'entre eux. Y aurait-il une artiste parmi elles ? Je note en particulier qu'elles partagent mon amour du noir et blanc et de Gamla Stan !

Je découvre à sa lecture un regard différent sur des lieux qui me sont connus... ou non.

Visiter ce site est une découverte; à la fois sur la ville, le regard que de jeunes filles lui portent, et sur le processus d'acquisition d'une langue.

Bonne visite !

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Bonjour Stockholm, ici: http://bonjourstockholm.blog.fr/

Les commentaires y étant les bienvenus, les francophones pourront proposer des tournures de phrases différentes s'ils le souhaitent... mais vous serez gentils de le faire avec tact. Les français sont un peu trop connus à mon goût pour leur insupportable tendance à corriger un peu brutalement nos amis étrangers.

dimanche 21 novembre 2010

Minneslund, la mémoire

Tu es poussière, et poussière tu seras. Tous, nous le sommes, tous nous le serons. Tôt ou tard. Minneslund : la mémoire de nos êtres chers, redevenus poussière.


Des nombreuses lumières ici déposés se diffusent une beauté cruelle, une espérance pour les croyants, une nostalgie diffuse.


Comme des ombres, les vivants passent. Ce n'est pas leur jour; pas encore. A peine partis, leur présence s'efface. Reste les souvenirs. Bien présents, bien réels. Lumineux.


Derrière chaque bougie se devine une histoire. Les vivants sont dans le temps qui passera, ou qui est passé.



Les disparus se souviennent ils de nous ?

mercredi 10 novembre 2010

Toutes les mêmes, toutes supérieures ?

Les extrêmes droites européennes se ressemblent, et les "démocrates" suédois (quel nom !) ne dérogent pas à la règle. Cela me pose un petit problème mathématique dont je vous fais part.

Tout d'abord, un peu de contexte : après leur entrée au parlement suédois lors des dernières élections; les députés d'extrême droite ont été conviés - comme tous les députés - à un office protestant à la cathédrale de Stockholm; célébré par l'évêque, une certaine Eva Brunne.

N'ayant pas peur des mots, Eva a condamné le racisme, la xénophobie, et a rappelé l'égalité des hommes devant Dieu, quelque soit leurs origines. S'en fut trop pour les députés d'extrême droite, qui ont quitté l'office.

Il est vrai que l'égalité des hommes ne saurait être acceptée par ceux qui se considèrent supérieurs.

Ainsi posé le problème, voici venues les mathématiques :

Si toutes les extrêmes droites de tous les pays sont supérieures aux autres, quels sont les plus grands des supérieurs ? Et les moins grands des supérieurs ? Prouvez que le plus petit est le plus grand (on acceptera les dogmes, les idées reçues et les discours de Grenoble).

samedi 6 novembre 2010

La fée et la souris

L'éducation de nos enfants recèle parfois des perles. La dernière en date concerne la petite souris.

Mais si, vous savez, la petite souris qui vient chercher les dents que les enfants ont perdues, la nuit sous l'oreiller; et qui les remplace par une petite pièce.

Nous avons juste un problème : En Suède, ce n'est pas une souris, c'est une fée. Cela pose aux enfants des problèmes qu'ils s'empressent de nous exposer.

Alors pour faire simple, les enfants vous expliquent : cela ne peut pas être une petite souris, car c'est trop loin. D'ailleurs, si c'était la petite souris, elle apporterait des euros, pas des couronnes. Enfin voyons, papa, essaye de comprendre !

Mais bon, la fée doit être bien embêtée de prendre les dents de la souris qui en a besoin. Alors on va dire qu'elles ont un petit téléphone. Et quand la petite souris de France sait qu'il y a une dents (car elle le sait), elle téléphone à la fée de Suède pour qu'elle vienne la chercher. Ensuite, comme elle est très forte (la fée, pas la souris ni la dent), elle la lance très trés fort et la dent atterrit en France.

Normal.

vendredi 22 octobre 2010

Un rayon par -25°C

L'équipement cycliste par grand froid semble être une source d'intérêt de mes correspondants. Voici rassemblés ici le minimum vital du cycliste par -25; température fort rare ici (une seule fois l'année dernière). Les mêmes conseils s'appliquent par -10°C.

Mais avant même de rentrer dans les détails, un conseil de base : l'ennemi, c'est le vent et l'eau. Le vent doit être combattu par la gore-tex et par la chasse aux fuites. C'est dans les raccord que le vent s'engouffre. Quant à l'eau de la sueur, elle se combat avec les synthétiques pour écarter l'eau de la peau, et par la gore-tex pour l'évaporer dehors.

Maintenant, les détails :

Freins à disque

Les freins à patin ne fonctionnent pas bien par grand froid. Ils sont durs et n'accrochent pas à la jante. Les freins à disque fonctionnent, et plutôt bien.

Vélo de type VTT, sans cales-pieds

Il faut pouvoir réagir vite en cas de glissade ou d'imprévu : pour m'être déjà plusieurs fois retrouvé les 4 fers en l'air, j'évite désormais tout type d'accroche des chaussures aux pédales.

Pneus cloutés, larges et sous-gonflés

Il faut sous-gonfler les pneus pour une meilleure adhérence sur la glace et la neige. Il en va de même pour les clous, qui ne servent vraiment que si vous vous trouvez sur une plaque de verglas.

J'aime aussi mon amortisseur à l'avant que je mets en position "molle", qui a le grand avantage d'amortir les imprévus sous la neige, comme un bord de trottoir invisible sous 20 cm de poudreuse. Ca n'arrive pas souvent, mais quand ça arrive...

Les pieds

Mon expérience est que par -25°C, il faut quitter les chaussures de type vélo, et en revenir aux bases : bonnes chaussures de montagne avec chaussettes chaudes, ou en tout cas des chaussures étanches, fourrées.

Et, par dessus les chaussures, je mets des protège-chaussure en gore-tex. On les trouve facilement en Suède dans n'importre quel Cykloteket. C'est normalement utilisé contre la pluie, mais cela forme surtout une couche supplémentaire contre le vent et la neige. Evidemment, mieux vaut les choisir larges pour qu'ils s'adaptent à vos chaussures de montagne.

J'utilise aussi des guêtres pour éviter que le vent s'engouffre.

Les jambes

Pour les jambes, 2 épaisseurs suffisent, mais pas n'importe lesquelles. Il faut un collant épais en matière synthétique qui évacue la sueur, suivi d'un pantalon gore-tex 2 ou 3 couches.

Le torse

Pour le haut, il vous faut 3 couches : un sous vêtement épais synthétique évaluant la sueur, suivi d'une polaire, suivie d'une gore-tex 2 ou 3 couches. Simple. Toujours chez Cykloteket, on trouve de très bons sous vêtements, assez longs dans le dos pour s'adapter à la position du cycliste.

Surtout, pas de laine ni de coton.

La tête

Là, c'est crucial... il faut faire attention. Il est nécessaire d'avoir une cagoule -même fine- en synthétique, un masque léger contre le froid, voire un bandeau pour les oreilles. Tout cela se trouve chez Cykloteket aussi. Et bien sûr, un casque.

Les mains

Simple : jouer gros. J'utilise des moufles gore-tex épaisses mais molles, pour que mes mains soient suffisamment agiles pour pouvoir serrer les freins. Mieux vaut tester avant que vous arriverez à freiner...

Gourde

Mettre de l'eau chaude, voire très chaude, et ne pas la mettre en position fermée, sinon vous ne pourrez pas l'ouvrir. La dernière fois que j'ai mis de l'eau froide dans ma gourde, je me suis retrouvé peu après avec un gros glaçon. Pour ne rien arranger, j'ai forcé sur l'ouverture glacée et je l'ai cassée. Donc, en 2 mots : pensez que s'il fait froid pour vous, il fait aussi froid pour votre gourde.

De toute façon, par -25°C, ma gourde est un glaçon après environ 7 km, quelque soit la température initiale. Peut être qu'une gourde protégée ferait plus l'affaire ?

Et pour la journée...

Petit détail qui tue pue : les matières synthétiques sont efficaces pour évacuer l'eau. Le truc, c'est qu'elles gardent les odeurs si particulières de la sueur séchée. Un plaisir... donc emportez bien de quoi vous changer de pied en cap, après une bonne douche; ou vos collègues souffriront.

mercredi 20 octobre 2010

Les langues de chez nous

Il y a un domaine où les suédois ne cessent de m'étonner; et c'est celui des langues (étrangères).

Ce qui marque tout d'abord pour un regard français, c'est l'absence totale d'animosité vis à vis des dialectes étrangers. Les suédois, dans la mesure de leurs connaissances, utilisent volontiers la langue de leur interlocuteur pour échanger; et ceci en toutes circonstances. C'est un peu un jeu, et aussi un intérêt. Que vous parliez à un médecin, aux impôts, dans le cadre de votre travail, avec des amis, dans la rue avec un étranger, rien n'empêche un suédois de vous parler anglais, voire français, allemand, etc.

Au dagis (sorte de garderie-école maternelle), les photos des enfants sont affichées avec un petit texte : je m'appelle Albane, mes parents s'appellent Delphine et Laurent, et je parle français à la maison. Chaque enfant à un texte similaire, qu'il parle suédois ou une autre langue. C'est l'occasion de voir que le monde est varié, et que plusieurs enfants parlent 2 langues à la maison. Parfois, les enfants sont ainsi trilingues : la langue de papa, la langue de maman, la langue de la Suède. Et bien sûr, si aucun des parents n'est anglophone, la langue de Shakespeare viendra se rajouter. Qui dit mieux ?

Je ne saurais discuter des langues en ce beau pays sans citer ce couples d'amis qui a 4 langues communes à la maison. Sans compter l'allemand en cours d'apprentissage. C'est assez bluffant pour un regard français.

C'est un peu traître de vivre dans un tel environnement, d'ailleurs, et il est difficile pour moi de faire des progrès en suédois; car mes interlocuteurs passent rapidement en anglais, voire en français.

Du coup, je me pose un peu la question de l'attitude des français vis à vis des langues étrangères.

Pourquoi donc avons nous, français, une certaine réticence à laisser l'anglais pénétrer nos sphères privées voire professionelles ? Est-ce pour la défense d'une langue qui serait menacée ? Mais l'est-elle vraiment, et l'est-elle plus que le suédois en Suède ? Et pourquoi une telle différence d'attitude ?

Une anecdote vécue au lycée français lors d'une réunion de parents donne le ton : la réunion commence, et le personnel du lycée demande à l'assemblée des parents s'il est souhaitable d'avoir une traduction vers le suédois. Un parents glisse d'une petite voix : "On est quand même au lycée français !". Etonnant, non ? Un français en Suède continue à penser que sa langue maternelle est tellement supérieure qu'elle devrait suffire.

J'observe que l'attitude française vis à vis de l'anglais crée une génération d'handicapés dans ce domaine; ce qui est une difficulté pour nos entreprises. Il est inconcevable ici qu'une personne sortant de l'université ne soit déjà de très bon niveau d'anglais. Je n'en dirais pas autant dans l'hexagone. En fait, tout suédois parle très bien anglais dès 14 ans.

Je ne peux que constater qu'au sein des discussions de travail, et surtout de la machine à café, j'entends des langues fort diverses, souvent européennes; et surtout je remarque qu'un grand nombre de gens comprennent plusieurs langues, si ce n'est pour les parler.

Enfin, la présentation ne serait que partielle si je ne disais que les suédois apprécient bien entendu que l'on parle leur langue. Après quelques années, cela devient une nécessité pour s'intégrer vraiment. Normal, mais cela laisse tout de même un peu de temps.

Finalement, les langues sont perçues ici comme un outil. En France, elles sont reçues comme une culture, ou une menace à une culture.

C'est très amusant comme jeu que de parler plusieurs langues; c'est un défi pour l'esprit; et c'est décidé, je me remets à mon Suédois !

mercredi 29 septembre 2010

L'Instant et la lumière

Il est des travaux qui forcent l'admiration; Laurent Cocherel a posé en Ecosse son regard naturaliste; et il en a forgé un livre très personnel, magnifique.

Au sein de chaque photo se lit le temps qui passe et l'instant qui le fige. La nature suit son cours et Laurent l'observe, la ressent, et l'admire. Pour la percevoir il lui faut la patience, les longs jours de recherche et de pose, le respect infini, la lutte contre éléments. Mais le temps, avant tout, le temps.

Et au bout du temps, il y a l'Instant.

De ces instants magiques, colorés, fugaces; de ceux qui ne s'offrent qu'aux regards patients. Ce soleil qui perce sur la plaine nuageuse, le lagopède aux couleurs de la roche, la sterne arctique et sa proie brillante, la loutre qui apparaît sous un tapis d'algues.

Laurent le saisit.

Et ces instants uniques, les voilà rassemblés dans un livre qui lui ressemble.

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Références : Vous pouvez vous procurer le livre "Instants de lumière" en contactant Laurent Cocherel par email : laurent.cocherel@terre-sauvage.com. Laurent organise aussi des voyages photographiques. Pour avoir partagé avec lui un voyage au Svalbard, je ne peux que le conseiller vivement aux amoureux de la nature.

Oui, ce post n'est pas relatif à la Suède... quoique c'est peut être un appel du pied à Laurent Cocherel pour qu'il vienne poser son regard sur notre beau pays.

vendredi 17 septembre 2010

On va se mettre d'accord !

Petite leçon de consensus suédois :

Me voici il y a quelques mois en position d'embaucher au sein de mon équipe.

Comme il se doit, je rassemble donc les personnes les plus intéressées au futur employé, et nous faisons tous passer les entretiens, les uns après les autres. A la fin du processus, nous avons deux candidats qui nous paraissent correspondre. Les finalistes, en quelques sorte.

Nous sommes quatre dans la salle, avec un but : choisir l'heureux(se) élu(e).

Ca ne rate pas; deux d'entre nous penchent vers un candidat, deux penchent vers un autre. Que faire ?

Je pourrais dire que je suis le chef et que je tranche. Ce n'est pas très consensuel, et il est fort probable que je m'attirerais les foudres de mon équipe. J'ai alors un réflexe un peu français, et je propose de faire venir une cinquième personne qui connait un peu le cas, pour nous aider à trancher.

Et là... surprise ! La personne en face de moi me regarde avec des yeux étonnés et me dit : "Je ne vois pas très bien pourquoi. Nous avons toutes les cartes en mains. Il suffit de trouver un consensus."

Ah... le consensus. Commence alors une longue discussion, pas du tout conflictuelle, ou chacun expose ses arguments, chacun explique avec détails le pourquoi de ses préférences. Et tant que les quatre personnes ne sont pas d'accord, on continue. Ça dure un peu...

Et puis, chacun leur tour, deux finissent par changer d'avis. Le consensus est trouvé une fois que le groupe entier est d'accord. Le futur employé est donc choisi.

Racontant cette histoire vraie à des français, je me suis rendu compte à quel point ce type de fonctionnement n'est pas hexagonal.

Plusieurs de mes compatriotes ont utilisé des expressions comme : "ceux qui ont gagné..., ceux qui ont cédé..., etc."

C'est ne rien comprendre au consensus que d'utiliser ces mots. Personne n'a cédé, personne n'a perdu, personne n'a gagné. Le groupe, dans son ensemble, a décidé. Et si le choix s'avère mauvais à l'avenir, personne ne viendra dire "qu'il l'avait bien dit". Le groupe fera bloc, pour le meilleur et pour le pire.

Et le "chef" dans tout ça ? Et bien le chef, c'est celui qui sait faire décider le groupe. Un bon responsable, c'est une personne qui permet à son groupe de faire émerger les bonnes décisions en un temps raisonnable.

Un but bien difficile à atteindre, c'est certain. Surtout en ce qui concerne le délai raisonnable.

On pourrait en reparler...

S'il y a une chose qui caractérise les relations professionnelles en Suède, c'est bien cette volonté de ne pas heurter, et de rechercher à tout prix le consensus. Rares sont les éclats de voix.

Alors comment dire "Nej" (non) ?

C'est que ce petit mot n'a rien de consensuel, n'est-ce pas ? Il est court, il est brutal, il est net.

Quoi qu'il soit exagéré de dire qu'on ne l'entend jamais, je l'ai rarement perçu lorsqu'une proposition est apportée au groupe en discussion. Si vous n'êtes pas d'accord avec ce qui est proposé, il est de bon ton de ne pas heurter avec une négation brutale.

Dites plutôt : "on pourrait en reparler".

C'est très efficace. Tout le monde comprend votre avis, personne n'est heurté, et celui qui a fait la proposition peut toujours insister s'il est persuadé que sa proposition est valide.

Mais méfiez vous lorsque c'est vous qui êtes ainsi éconduit. Parfois, cette petite phrase est lancée avec un sourire plein de bonne volonté, voire même encourageant. On ne se rend pas tout de suite compte à quel point la date à laquelle "on en reparlera" est éloignée.

Très, très, très éloignée...

samedi 24 juillet 2010

Il y a...




Le sable fin, les coquillages, les vagues tièdes qui caressent la plage,
Les traces de pas éphémères imprimées d'eau,

Il y a...

Le soleil qui frappe, la chaleur qui ramollit les corps,
Une petite brise bienvenue, un petit nuage à l'horizon, timide,

Il y a...

Les pins, leur tapis d'aiguilles, le bruit de la houle porté par le vent,
Les herbes folles, les rochers parsemés de trous d'eau,


Il y a...

Les criques, les voiliers, le soleil qui descend sur leurs voiles blanches,
Les chemins qui serpentent le long des rives,


Et puis, comme un rappel du Nord, il y a...


Les fraises des bois, les tapis de myrtilles,
Les stugor rouges perdus dans le feuillage,


La mer au bleu profond,
La rudesse de la pierre,

Et cette nuit qui n'en finit pas de tomber, pour muer en aube avant même d'être.



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Plus d'info : Åland, un archipel finlandais 150 km au Nord de Stockholm; un petit coin de paradis pour le camping, les vacances au calme, et les sorties en vélo.

Agrandir le plan

mercredi 30 juin 2010

"Suèdisez-moi""

...c'est le nom du blog de Cécile, de très bonne qualité, qui relate sa vie suédoise avec un regard acéré bien français. Moi j'aime : http://suedisezmoi.wordpress.com/

(Non, je ne connais pas Cécile, je suis tombé sur ce blog par hasard, et rien que le titre me plait !)

dimanche 20 juin 2010

Retenue en liesse

Il y a en Suède une forme de contradiction inhérente au fonctionnement de la cité : j'ai nommé la royauté.

Pour un peuple aussi attaché à la notion d'égalité, le fait que de simples mortels reçoivent un mandat à vie de représentation du pays est un peu complexe à saisir. Mais c'est ainsi, et quoique le support pour la monarchie ne cesse de baisser, les suédois s'en accommodent : pour beaucoup, ils représentent bien leur pays et allègent le premier ministre des charges de représentation. Donc, la famille royale est considérée utile à la communauté; et les têtes couronnées font tout leur possible pour rester comme les suédois les aiment : discrets.

Samedi fut un jour spécial... le mariage de la princesse héritière, Victoria, avec Daniel. Même si le tour des affaires des têtes couronnées vous est insignifiant, vous admettrez qu'il peut être intéressant d'observer comment les suédois le vivent. C'est donc avec un oeil curieux que nous étions dans Stockholm samedi, vers Junibacken, sur le chemin du carrosse royal transportant les jeunes mariés.


L'ambiance bon enfant est ce qui saute aux yeux. Nombreux sont ceux venus en vélo. On rigole, on déjeune sur l'herbe sur la célèbre couverture de picnic, on ne se bouscule pas. Nous remarquons tout de même des bouteilles de champagne au menu des picnics. Cela marque le coup !


La police, Skansen, les militaires sont tous là; grand sourire aux lèvres, drapeaux devant.



Les enfants se jettent sur les vendeurs de glaces, leurs parents sur les hot-dogs. C'est suédois, à n'en point douter !



Quelques visages sont maquillés en jaune et bleu (couleurs de la Suède); mais en grande majorité, les gens sont juste là pour s'amuser, pour profiter du soleil, et aussi peut être un peu pour voir le couple princier l'espace de quelques secondes.




Devant l'écran géant qui retransmet la cérémonie en temps réel, quelques visages sont fascinés par les fastes princiers; on essuie quelques larmes aux moments importants; mais l'ensemble reste sobre. Les suédois vivent leur liesse en leur fort intérieur.



Comme un bruissement d'abeille, l'intérêt monte, et vient enfin le temps du passage du carrosse. On s'imaginerait qu'un tel événement devrait déclencher des vivats bruyants et des mouvements de foules.

Non point. Oui, l'ambiance est à la fête; oui les gens sont heureux, oui les drapeaux sont au vent. Mais c'est au delà des démonstrations extérieures que se vit la joie du moment. La foule acclame somme toute gentiment. Avec forces sourires mais sans agitation.


Et les voilà passés.

Alors que nous sommes sur le chemin du retour; j'admire toujours cette capacité qu'a ce peuple à s'auto-organiser. Passer une passerelle quelque peu surpeuplée ne donne pas lieu à bousculades. Non, nous faisons la queue, tout simplement.


Ce fut donc un défilé de mariage suédois, jusqu'au bout des ongles. Tout en retenue joyeuse mais sans démonstrations excessives.

Une belle fête en somme !

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Au jour de son écriture, ce lien renvoie vers un site de svt.se dédié au mariage princier.

vendredi 18 juin 2010

Contre-pied, vive les bleus !

Les loups hurlent avec les loups, les chiens s'acharnent, les hyènes sont à la fête.

Je n'y connais rien au foot, je n'ai pas regardé de matches, je n'ai pas d'avis sur la sélection, ni même sur l'entraineur, sur la tactique ou sur la stratégie. Rien, je n'y connais rien. Parfois, je joue un peu avec une baballe, mais je suis très maladroit.

Il y a cependant de quoi être mal à l'aise.

Vu d'ici, à l'écart du cirque médiatique franco-français, je ne peux m'empêcher de me mettre à la place des joueurs, du sélectionneur, et du staff en général. Je ne peux m'empêcher de penser à la réaction des suédois quand leur équipe ne s'est pas qualifiée : "nous ferons mieux la prochaine fois".

Alors voilà, ce que je vois est édifiant : une équipe a perdu, et c'est un peuple tout entier qui déverse une haine sur un homme en particulier et l'équipe en général. Comme si les malheureux avaient choisi de perdre.

Oh, il est sûrement des experts en la matière, qui ne manqueront de vous expliquer ce qu'il aurait fallu faire. Ce sont surement les même qui jetaient le sélectionneur aux orties en 1998. Si, si, relisez donc les journaux en 1997 et 1998. On y trouve de superbes vestes tout juste retournées.

A tous ceux qui hurlent avec les loups, je veux dire une chose simple : Vous donnez en ce moment une image désastreuse des français; celle d'un peuple prêt à brûler son équipe dans les moment difficiles.

On ne vous a jamais dit que les vrais amis se découvrent dans les moments difficiles ?

dimanche 13 juin 2010

Le coeur (suédois) qui bat

Il est une tradition chez nos amis suédois; et c'est celle des discours. En particulier, il est convenu, à la fin d'un repas, que l'homme assis à la gauche de la maîtresse de maison fasse honneur à l'assemblée en prononçant quelques mots de remerciement.

Il y a quelques jours, alors que nous étions au milieu d'un fort bon repas, ma femme me fit discrètement remarquer que j'étais assis à la gauche de notre hôtesse.

J'avoue que de ce moment précis jusqu'à la fin du repas, mon coeur a battu plus vite qu'il n'est besoin. Je connais les usages, j'en fut témoin déjà, mais s'y lancer soi même est d'une autre étendue. Il se trouve en effet que ce fut là ma première expérience.

L'exercice se doit en effet de se plier aux traditions; et il est donc d'usage de demander le silence en frappant doucement un verre avec votre couteau, de remercier pour le bon repas, pour la bonne compagnie de vos compagnons de table, puis d'intéresser quelques minutes votre auditoire avec des mots spirituels, si possible en lien avec le repas.

Je ne sais si je fus spirituel; mais deux choses m'ont marqué au cours de l'exercice : le silence immédiat et respectueux de l'assemblée lorsque je faisais tinter mon verre, et les regards amusés et curieux devant ce français qui faisait de son mieux pour respecter les traditions locales.

Je connais désormais la structure du discours, les conventions, le ton, le temps et la manière. Chaque nouveau discours sera improvisé; mais c'est avec plaisir que je m'y soumettrai.